A la recherche des bornes frontière de 1258

Randonnée sur le site VISORANDO : https://www.visorando.com/randonnee-a-la-recherche-des-bornes-frontiere-de-1/

Vue sur le Canigou et Montalba Le Château

A partir de 778 Charlemagne entreprend la conquête des territoires occupés par les musulmans au sud des Pyrénées….l’empire Carolingien s’étendra alors au début du 9e siècle jusqu’à Barcelone, une région qui sera appelée » la marche d’Espagne ».

Après le concile de Troyes, en 878, les comtes de ces territoires continuent à prêter fidélité aux monarques Carolingiens Charlemagne et Charles Le Gros mais les droits de succession sont revendiqués au sein des familles comtales de sorte que l’empire perdra petit à petit de son autorité.

A la fin du 10e siècle, à l’occasion du remplacement de la dynastie Carolingienne par les Capétiens, le comte de Barcelone refuse de prêter le serment de fidélité.

Après la mort du roi d’Aragon Alphonse le batailleur en 1134, son frère mariera sa fille en 1137 au comte de Barcelone Ramon Berenguer IV qui devient prince d’Aragon et dont le fils deviendra comte de Barcelone et roi d’Aragon….Leur ambition se tourne rapidement vers le nord des Pyrénées avec notamment l’union avec le comté de Provence puis l’acquisition de la seigneurie de Montpellier en 1204.                                           

Par le partage d’intérêts communs et des alliances tout un maillage de suzerainetés croisées se met en place sur le Nord de l’Espagne et tout le midi de la France.

Si le royaume de France hérite des territoires Carolingiens, les comtes de Barcelone et l’Aragon étendent leurs possessions et leur influence sur le midi de la France du Béarn et Quercy à l’ouest jusqu‘à la Provence à l’est et le Gevaudan au nord ; Par ailleurs, le dernier comte du Roussillon, sans héritier, lègue son comté au comte de Barcelone, roi d’Aragon.

C’est alors que survient un évènement majeur dans la région …. LA CROISADE DES ALBIGEOIS : Le Catharisme se développant dans la région, et donc pour des raisons religieuses mais aussi et surtout pour des raisons de géopolitique, une armée de croisés emmenée par Simon de Montfort déferle sur le midi de la France. Cette armée comprend de nombreux seigneurs venus du nord à qui on a promis de prendre possession des territoires conquis.

Le comte de Toulouse, Raymond VI en particulier et son beau frère Pierre II alors roi d’Aragon voient d’un mauvais œil cette invasion qui va remettre en cause les pouvoirs et la culture sur la région, d’autant que de nombreux seigneurs et comtes adhèrent au catharisme ou tout au moins le tolèrent.                                                                                         

Une coalition de comtes et seigneurs de Toulouse, FOIX et Comminges s’associe au roi d’Aragon pour mener une attaque contre les croisés, l’enjeu étant  de créer un vaste ensemble catalano-occitan……Ce sera la bataille de MURET en 1213 ; Mais sans doute à cause d’une bravoure inconsidérée (cf description de la bataille), et malgré une supériorité numérique, la coalition se fait piéger et Pierre II, roi d’Aragon est tué.

Cet échec marquera la fin de l’expansion de la couronne d’Aragon vers le nord et permettra au royaume de France d’asseoir sa domination sur le Languedoc ; Le traité de Meaux en 1229 soude le midi au royaume de France.  L’Aragon se tournera alors vers l’est et d’autres territoires alors sous domination musulmane de sorte qu’il sera favorable au fait de clarifier la situation géopolitique au nord avec le roi de France.

Le traité de Corbeil en 1258, va permettre un partage des territoires entre les deux royaumes :   

Louis IX, roi de France renonce à ses droits de suzeraineté sur les comtés de Barcelone, du Roussillon, de Cerdagne et de Besalu et du Conflent, soit l’ancienne « marche d’Espagne ».

Jacques Ier, roi d’Aragon fait de même en abandonnant tous ses fiefs et ses prétentions sur le Languedoc à savoir les comtés de Toulouse, de Comminges, de Couserans et la vicomté de Carcassonne mais, il garde toutefois la seigneurie de Montpellier.

Les Corbières constituant une barrière naturelle tout aussi efficace que les Pyrénées à l’extrême est de la chaîne, de nombreuses forteresses comme Quéribus et Peyrepertuse, vont permettre d’assurer la surveillance de cette nouvelle frontière qui persistera jusqu’au traité des Pyrénées en 1659.

Le Pilo d’En Gil
L’une des tois bornes frontière du parcours