Coordonnées des hébergements en Catalogne

MOUNICOU : Gîte de Mounicou, à Auzat (FRANCE) / tél 05 61 64 87 66 et 06 22 24 60 02 / je le recommande vivement pour l’accueil de Mme LAMIC et son très chouette gîte d’étape. (pour les puristes…c’est pas loin mais pas encore la Catalogne; on est en haute Ariège !!)

REFUGE DE VAL FERRERA : tél +34 973 624 378 et 06 69 53 25 13/ refugivalferrera@feec.cst

ALINS : camping de Val Ferrera / +34 973 62 44 08

LLAVORSI : Camping RIBERIES tél +34 973 622 151 ou 06 20 82 27 46 / info@campingriberies.cst

MONTENARTRO : Refugi de l’abadia de Montenartro / tél +34 620 822 745 / 666 611 557 / refugimontenartro@gmail.com

LA BASSETA (St juan de l’Herm) : tél +34 973 298 015 / info@santjoandelerm.com

CASTELBO : Camping BUCHACA Tél +34 973 351 608

LA SEU DE URGELL : très nombreux hôtels, chambres, camping

MOLI DE FORNOLS : Camping i allotjament rural / tél +34 973 370 021 / molidefornols@hotmail.com

GOSOL : Camping CADI / tél +34 636 066 465 ou Hotel Cal Francisco : +34 973 370 075

BAGA : Camping BASTARENY / tél +34 938 244 420

Le traitre Guillaume Dejean

Guillaume Delaire, disciple de Pierre Authié, informé de l’intention de Guillaume Dejean de livrer les frères Authié à l’inquisition, lui propose de l’aider à les pièger autour de Larnat…

Depuis Quié, ils partent pour Larnat puis le col de Larnat pour descendre vers Junac (le traçé effectué dans la rando)

Attendus près d’un pont à Alliat, ils frappent le traite pour lui faire avouer ses intentions et l’emmènent sur les hauteurs de Miglos pour le précipiter dans une « fosse profonde » (sans doute le ravin du Correc)

Les passeurs de l’ombre

Ils ont dû profiter de l’ombre et de la nuit pour se glisser sans bruit aux yeux de l’ennemi

Anonymes discrets évitant toute gloire, ils ont tracé ici une page d’histoire

Vers les vallées d’Andorre, venant de Mounicou, cent fois par ces chemins, ils ont risqué le coup

Ils prenaient résolus, les sentiers de montagne s’aggripant aux rochers qui surplombent l’Espagne

Quand la lune voilée leur cachait la piste, leurs sens affutés s’habituaient très vite

Aux bruits, à l’odorat, ils se guidaient fort bien, là c’était le ruisseau, et plus haut les sapins

Au fond d’une cabane ou au creux d’un rocher, ils se cachaient le jour, évitant le danger

Alors, ils repartaient, trainant des juifs errants encordés aux vieillards et portant les enfants

Izards et sangliers étaient leur compagnons lorsqu’au soir couchant, ils traversaient les monts

La résistance ailée leur demandait soutien jamais ne refusant, sachant que c’était bien*Par le port de Bouet et par le port du Rat, fuyant tous les mauvais, on passa, on passa

Le pilote abattu, par les autres amenés, le patriote à mort qui était condamné

On passa l’être humain qui n’avait plus de route, tombé dans le cours de l’immense déroute

Aux Denjean, aux Delpy, à bien d’autres encore, tous passeurs inconnus vers le pays d’Andorre

Oh ! faites qu’aujourd’hui nul ne puisse oublier ceux-là qui dirent non !, refusant de plier

Il parait que le soir, le long des Pyrénées, lorsque souffle le vent de Méditerranée

L’on entend comme un chant plaintif et continu, la voix des innocents, vibrante et soutenue

Monter des profondeurs, des failles et des ravins dans un hymne à la paix, solennel et divin

Peuple libre à genoux! Dieu pour l’éternité, ils nous ont réappris le nom de LIBERTE.

(texte écrit par M. AZEZIAT, à la gloire de Mr DENJEAN, passeur à Mounicou, à partir de faits relatés parM. René RAYNAUD)

Les Spoulgas

Les SPOULGAS sont des grottes naturelles ; En nombre considérable (plus d’une vingtaine) en haute vallée d’Ariège et placées au dessus de lieux d’échange stratégiques, elles ont été fortifiées au 12e siècle par le comte de Foix à un moment où le comté était très «courtisé» par L’Aragon et la France.

Elles complétaient ainsi efficacément le réseau de places fortes comme Lordat.

Il est possible que l’une d’entre-elles ait pu servir à cacher momentanément le « trésor » des Cathares au moment du siège de Montségur.

Défiance de Montréal de Sos face au représentants du roi

Sur un lieu occupé depuis l’âge du bronze, le château est Bati à la fin du XII e siècle ; Il surplombe un carrefour de vallées  proche des mines de fer de Rancié exploitées depuis l’antiquité.

Le château abritera des cathares jusqu’à la fin du 13e siècle

Comme pour le château de Lordat, le château de Montreal de sos fut longtemps l’objet de convoitises et de tensions entre comté de Foix, royaume d’Aragon et royaume de France, en particulier au moment de la définition des frontières pour le traité de Corbeil  (ch artocle château de Lordat et entre 2 royaumes)

En 1272, le roi de d’Aragon, qui avait  auparavant confié le commandement des chateaus du haut pays à raymond de cardone ,  est cette fois sommé de les  livrer aux officiers du roi de France

Un épisode relaté  dans une charte explique comment  l’un d’entre eux fut recu à Montreal de sos :

« Lorsque le chatelain de Tarascon entra dernièrement au nom du roi (de France) dans la vallée de Sos pour y recevoir le serment de fidélité des habitants, il envoya a cet effet, par un officier du roi, à Raimond Batailla, chatelain de Montréal de Sos, l’ordre écrit de se présenter devant lui : celui-ci traitant cet émissaire en ennemi le retint prisonnier et il l’est encore.

Le gouverneur de Tarascon l’a fait réclamer : Batailla a répondu qu’il le garderait et qu’il en arreterait bien d’autres.

Bien plus, non-content de cette première injure, il a fait chasser du pied de Montralp le chatelain de Tarascon et les autres officiers du roi qui étaient avec lui, et les a fait poursuivre l’espace d’une lieue à coups de pierres et de carrals (scories de fer) »

Le roi d’Aragon gardera sa main mise sur la région jusqu’en 1273, date à laquelle il finit par remettre les chateaux convoités au sénéchal de Carcassonne qui les donna lui-même à la contesse douainière de Foix.

Le château sera finalement détruit  au XIVe siècle par le roi d’Aragon

Les mystérieuses gravures de Montréal de Sos

A proximité du château, une grotte protège plusieurs gravures et l’une d’entre-elles a suscité de nombreux débats :

L’état des gravures fait que les représentations qui en ont été faites diffèrent quelque peu

Certains ont  interprété cette gravure comme étant inspirée par les Templiers : le dessin représenterait le  Saint Graal, un tailloir décoré, une épée brisée, la lance ensanglantée, le sang du Christ,….

Mandement, une figure locale adepte d’ésothérisme,  dans ses observations en 1930, prétend que les peintures seraient d’origine Cathare.

Selon les auteurs, la grotte contenant la fresque serait donc, soit un lieu d’initiation des gardiens du Graal, soit un lieu d’initiation des prêtres Cathares.

Les templiers, les Cathares, le Graal,……….. le lien est tentant pour raviver le mystère des lieux !

En fait, si on se réfère à des monuments  présents dans la région, comme par exemple le calvaire du prieuré d’Unac, (cf article … ),  on se rend compte qu’il s’agit simplement d’une représentation des outils et des armes liés à la passion du Christ : L’éponge vinaigrée au bout d’un bâton, l’épée avec laquelle Pierre trancha l’oreille du serviteur de Caïphe, les clous de la croix, la couronne d’épines, la lance qui perça le flanc du Christ, etc…

De plus, il n’y a pas de trace de Templiers dans la région ; Le site à un moment été confié aux Hospitaliers.

   « montseguraucoindestemps.uniblog.fr »

Miglos

Le château de Miglos est mentionné pour la première fois en 1160 et il est décrit comme faisant partie des fortifications du comté de Foix sous la suzeraineté du roi d’Aragon en 1213

Il est sera officiellement  rattaché directement au comté de Foix en 1272.

Arnaud de Miglos, seigneur des lieux et sa fille Brunissende ont été amenés à comparaitre devant l’inquisition après la chute de Montségur :

En 1244 Arnaud se défend d’avoir eu des liens avec les hérétiques mais reconnait pourtant avoir  aidé Robert de Mirepoix, qui défendait  Montségur face aux croisés, en lui faisant parvenir 12 cordes, des frondes et une arbalète !

En 1247, il reconnait avoir accueilli et adoré des hérétiques dans son château

Arnaud de Miglos  sera emprisonné mais libéré en 1248 par le pape Innocent IV

De 1298 à 1346, la communauté de Miglos s’illustre par des confits avec les communautés voisines  (cf article sur le PASTORALISME)

Le château de MIGLOS domine la vallée du Vicdessos et se situe sous le col de Larnat ; Les sentiers de cet endroit furent particulièrement empruntés par les « bons chrétiens » venus écouter les paroles des frères AUTHIE.

Catharisme et croisade des Albigeois


Aux origines :

Aux environs de l’an 950, en Bulgarie, un pope nommé Bogomil aurait répandu des croyances dites manichéennes car elles imputent la création du monde matériel au diable tandis que le monde des esprits serait l’oeuvre de Dieu. Cette doctrine dualiste se développe dans les Balkans et le nord de l’Italie avant de se propager en Grèce, Rhénanie, Flandres, Bourgogne, Rhône, Aquitaine, Occitanie… Ce fut même la religion d’état en Bosnie pendant trois siècles jusqu’aux invasions turques. En 1048, en Champagne, on dénonce le « dogme pervers des manichéens »et on constate que « l’hérésie pullule en Gaule ». De nombreux faits d’hérésie et la mention de « bûchers » témoignent de ce développement dès le 11ième siècle…..c’est ainsi que l’on connait l’existence d’un bûcher vers 1022 à Toulouse, mais aussi par exemple en 1135 à Liège, Trèves et Utrecht.

Quoi qu’il en soit, pour certains historiens, le catharisme fait avant tout partie de tous ces mouvements qui à l’époque, prêchent le retour au modèle primitif de l’éqlise, et s’insurgent contre « l’église Romaine » qui ne respecte pas l’idéal de pauvreté du Christ.

La doctrine cathare

Selon l’idéologie cathare, le corps est une prison pour l’âme et il faut donc la libérer, ce qui ne se fait pas nécessairement au bout d’une seule vie (principe de réincarnation).

Les Cathares ne se réfèrent qu’aux Evangiles (nouveau testament) et en particulier de Saint Jean et n’accordent aucun crédit aux textes de l’église….c’est pour cette raison qu’ils se nomment eux-même « bonshommes » ou « bons chrétiens ».

Ils ne vénèrent pas la croix (simple instrument de supplice), ne vénèrent aucun objet ou symbole et ne pratiquent aucune cérémonie de l’église dite « romaine » (baptême, mariage …) ; Le seul sacrement pratiqué est le « Consolament » qui est une sorte de baptême spirituel et d’extrême onction pratiqué en vue d’absoudre les péchés.

Les Cathares font voeux de pauvreté, de chasteté et ne mangent pas de viande, jugée impure.

En Languedoc…la première croisade des Albigeois (1209-1219)

La répression, sans doute moins « efficace » dans cette région, a permis le développement du catharisme en particulier au sein de la petite noblesse, d’autant que la société occitane se caractérise par une multitude de castra (châteaux, citadelles) et une organisation féodale moins structurée et hiérarchisée que dans les comtés du nord.

Les suzerains qui règnent alors sur le Languedoc sont :

Pierre II , roi d’Aragon, comte de Barcelone, de Gévaudan, de Roussillon et seigneur de Montpellier, Raimond VI comte de Toulouse, son beau-frère, Raymond Roger Trancavel, vicomte de Béziers, de Carcassonne et d’Albi, et Raymond Roger comte de Foix.

Le 29 mai 1207, Raimond VI, est excommunié pour complaisance à l’égard des hérétiques et soupçonné d’avoir commandité l’assassinat du légat du pape….il sera même flagellé et humilié en public en 1209.

Simon de Montfort est nommé à la tête d’une croisade qui permet aux seigneurs venus du Nord qui y participeront de prendre possession des biens et terres des seigneurs locaux qui deviennent des « faydits » (seigneurs dépossédés de leurs biens) et c’est donc une armée internationale qui emprunte la vallée du Rhône à partir de 1209. De nombreuses attaques particulièrement meurtières et aveugles sont menées contre tous les lieux supposés abriter des Cathares comme Béziers (15 000 habitants tués), Minerve, Lavaur, Cases, Termes, Puivert, Lastour, Moissac, etc… et en juin 1211, c’est le premier siège de Toulouse. Un commandement (fait ou légende ?) est resté célèbre lors du sac de Béziers …« Tuez les tous…Dieu reconnaîtra les siens ! »

La Résistance …

En 1213, une coalition de comtes et seigneurs occitano-aragonais avec les comtes de Toulouse et de Foix reçoivent l’appui du roi d’Aragon, Pierre II qui voit d’un mauvais oeil l’arrivée de tous ces seigneurs à la porte de son royaume et remettre ainsi en cause toutes les relations de vassalité établies de longue date avec l’Aragon sur la région….L’enjeu est désormais bien avant tout géopolitique.

le pape Innocent III, à l’origine de la croisade avait déjà dit au roi Philippe Auguste en 1204 : « Ne tardez pas à rattacher le pays tout entier au domaine royal….confisquez les biens des comtes, barons et citoyens qui ne voudraient pas éliminer l’hérésie… »

Pierre II vient au secours de son beau-frère Raimond VI et c’est la bataille de Muret en 1213 qui marque un tournant car Pierre II y est tué et la rébellion occitano-catalane défaite…Les croisés investissent Toulouse et Raimond VI est destitué.

Par la suite, son fils, Raimond VII, qui lui succède en 1222, se lancera dans une reconquête occitane avec l’aide de princes méridionaux et Raymond II Trancavel reprendra même Carcassonne en 1224 que son père avait perdu en 1209.

Seconde croisade

En 1226, Louis VIII prend la tête d’une seconde croisade et le 12 avril 1229, Raimond VII comparait au pied de Notre Dame de Paris en chemise et chausses pour implorer le pardon, promettre fidélité à Louis IX et s’engager à combattre l’hérésie. Le traité de Meaux-Paris signe le rattachement du Languedoc à la couronne de France. Raimond VII ayant marié sa fille unique à Alphonse de Poitiers (frère de Saint Louis) et celui-ci n’ayant pas de descendance, le rattachement au domaine capétien et à la couronne de France deviendra définitif à sa mort en 1271.

La trouvaille pour combattre l’hérésie

Il s’agit bien entendu de l’inquisition qui apparaît en 1233… Ce tribunal religieux va faire des ravages et provoque la destitution des féodalités occitanes en lien avec le Catharisme …..de nombreux témoignages recueillis par les inquisiteurs illustrent les articles de ce blog

Derniers soulèvements et drame final

Une ultime révolte intervient vers 1240-1242 …et c’est en 1242 que des cavaliers de Montségur, conduits par Pierre Roger de Mirepoix massacrent onze inquisiteurs à Avignonnet … s’ensuit le siège de Montségur en 1244 où 2225 Cathares refusant d’abjurer leur foi sont brûlés , ce qui marque la fin de l’église cathare.

Vers une renaissance du Catharisme ?

Autour de 1300, les frères Authié se rendent en Lombardie pour y suivre un enseignement pour devenir « Parfaits » (nom donné aux prêcheurs du Catharisme) et reviennent en Sabartès, (entre Foix et Ax les thermes) pour y répandre la foi cathare…..l’Inquisition en viendra finalement à bout et le dernier Cathare connu, Guillaume Bélibaste sera arrêté puis brûlé en 1321, soit plus d’un siècle après le début des croisades !