Miglos

Le château de Miglos est mentionné pour la première fois en 1160 et il est décrit comme faisant partie des fortifications du comté de Foix sous la suzeraineté du roi d’Aragon en 1213

Il est sera officiellement  rattaché directement au comté de Foix en 1272.

Arnaud de Miglos, seigneur des lieux et sa fille Brunissende ont été amenés à comparaitre devant l’inquisition après la chute de Montségur :

En 1244 Arnaud se défend d’avoir eu des liens avec les hérétiques mais reconnait pourtant avoir  aidé Robert de Mirepoix, qui défendait  Montségur face aux croisés, en lui faisant parvenir 12 cordes, des frondes et une arbalète !

En 1247, il reconnait avoir accueilli et adoré des hérétiques dans son château

Arnaud de Miglos  sera emprisonné mais libéré en 1248 par le pape Innocent IV

De 1298 à 1346, la communauté de Miglos s’illustre par des confits avec les communautés voisines  (cf article sur le PASTORALISME)

Le château de MIGLOS domine la vallée du Vicdessos et se situe sous le col de Larnat ; Les sentiers de cet endroit furent particulièrement empruntés par les « bons chrétiens » venus écouter les paroles des frères AUTHIE.

Catharisme et croisade des Albigeois


Aux origines :

Aux environs de l’an 950, en Bulgarie, un pope nommé Bogomil aurait répandu des croyances dites manichéennes car elles imputent la création du monde matériel au diable tandis que le monde des esprits serait l’oeuvre de Dieu. Cette doctrine dualiste se développe dans les Balkans et le nord de l’Italie avant de se propager en Grèce, Rhénanie, Flandres, Bourgogne, Rhône, Aquitaine, Occitanie… Ce fut même la religion d’état en Bosnie pendant trois siècles jusqu’aux invasions turques. En 1048, en Champagne, on dénonce le « dogme pervers des manichéens »et on constate que « l’hérésie pullule en Gaule ». De nombreux faits d’hérésie et la mention de « bûchers » témoignent de ce développement dès le 11ième siècle…..c’est ainsi que l’on connait l’existence d’un bûcher vers 1022 à Toulouse, mais aussi par exemple en 1135 à Liège, Trèves et Utrecht.

Quoi qu’il en soit, pour certains historiens, le catharisme fait avant tout partie de tous ces mouvements qui à l’époque, prêchent le retour au modèle primitif de l’éqlise, et s’insurgent contre « l’église Romaine » qui ne respecte pas l’idéal de pauvreté du Christ.

La doctrine cathare

Selon l’idéologie cathare, le corps est une prison pour l’âme et il faut donc la libérer, ce qui ne se fait pas nécessairement au bout d’une seule vie (principe de réincarnation).

Les Cathares ne se réfèrent qu’aux Evangiles (nouveau testament) et en particulier de Saint Jean et n’accordent aucun crédit aux textes de l’église….c’est pour cette raison qu’ils se nomment eux-même « bonshommes » ou « bons chrétiens ».

Ils ne vénèrent pas la croix (simple instrument de supplice), ne vénèrent aucun objet ou symbole et ne pratiquent aucune cérémonie de l’église dite « romaine » (baptême, mariage …) ; Le seul sacrement pratiqué est le « Consolament » qui est une sorte de baptême spirituel et d’extrême onction pratiqué en vue d’absoudre les péchés.

Les Cathares font voeux de pauvreté, de chasteté et ne mangent pas de viande, jugée impure.

En Languedoc…la première croisade des Albigeois (1209-1219)

La répression, sans doute moins « efficace » dans cette région, a permis le développement du catharisme en particulier au sein de la petite noblesse, d’autant que la société occitane se caractérise par une multitude de castra (châteaux, citadelles) et une organisation féodale moins structurée et hiérarchisée que dans les comtés du nord.

Les suzerains qui règnent alors sur le Languedoc sont :

Pierre II , roi d’Aragon, comte de Barcelone, de Gévaudan, de Roussillon et seigneur de Montpellier, Raimond VI comte de Toulouse, son beau-frère, Raymond Roger Trancavel, vicomte de Béziers, de Carcassonne et d’Albi, et Raymond Roger comte de Foix.

Le 29 mai 1207, Raimond VI, est excommunié pour complaisance à l’égard des hérétiques et soupçonné d’avoir commandité l’assassinat du légat du pape….il sera même flagellé et humilié en public en 1209.

Simon de Montfort est nommé à la tête d’une croisade qui permet aux seigneurs venus du Nord qui y participeront de prendre possession des biens et terres des seigneurs locaux qui deviennent des « faydits » (seigneurs dépossédés de leurs biens) et c’est donc une armée internationale qui emprunte la vallée du Rhône à partir de 1209. De nombreuses attaques particulièrement meurtières et aveugles sont menées contre tous les lieux supposés abriter des Cathares comme Béziers (15 000 habitants tués), Minerve, Lavaur, Cases, Termes, Puivert, Lastour, Moissac, etc… et en juin 1211, c’est le premier siège de Toulouse. Un commandement (fait ou légende ?) est resté célèbre lors du sac de Béziers …« Tuez les tous…Dieu reconnaîtra les siens ! »

La Résistance …

En 1213, une coalition de comtes et seigneurs occitano-aragonais avec les comtes de Toulouse et de Foix reçoivent l’appui du roi d’Aragon, Pierre II qui voit d’un mauvais oeil l’arrivée de tous ces seigneurs à la porte de son royaume et remettre ainsi en cause toutes les relations de vassalité établies de longue date avec l’Aragon sur la région….L’enjeu est désormais bien avant tout géopolitique.

le pape Innocent III, à l’origine de la croisade avait déjà dit au roi Philippe Auguste en 1204 : « Ne tardez pas à rattacher le pays tout entier au domaine royal….confisquez les biens des comtes, barons et citoyens qui ne voudraient pas éliminer l’hérésie… »

Pierre II vient au secours de son beau-frère Raimond VI et c’est la bataille de Muret en 1213 qui marque un tournant car Pierre II y est tué et la rébellion occitano-catalane défaite…Les croisés investissent Toulouse et Raimond VI est destitué.

Par la suite, son fils, Raimond VII, qui lui succède en 1222, se lancera dans une reconquête occitane avec l’aide de princes méridionaux et Raymond II Trancavel reprendra même Carcassonne en 1224 que son père avait perdu en 1209.

Seconde croisade

En 1226, Louis VIII prend la tête d’une seconde croisade et le 12 avril 1229, Raimond VII comparait au pied de Notre Dame de Paris en chemise et chausses pour implorer le pardon, promettre fidélité à Louis IX et s’engager à combattre l’hérésie. Le traité de Meaux-Paris signe le rattachement du Languedoc à la couronne de France. Raimond VII ayant marié sa fille unique à Alphonse de Poitiers (frère de Saint Louis) et celui-ci n’ayant pas de descendance, le rattachement au domaine capétien et à la couronne de France deviendra définitif à sa mort en 1271.

La trouvaille pour combattre l’hérésie

Il s’agit bien entendu de l’inquisition qui apparaît en 1233… Ce tribunal religieux va faire des ravages et provoque la destitution des féodalités occitanes en lien avec le Catharisme …..de nombreux témoignages recueillis par les inquisiteurs illustrent les articles de ce blog

Derniers soulèvements et drame final

Une ultime révolte intervient vers 1240-1242 …et c’est en 1242 que des cavaliers de Montségur, conduits par Pierre Roger de Mirepoix massacrent onze inquisiteurs à Avignonnet … s’ensuit le siège de Montségur en 1244 où 2225 Cathares refusant d’abjurer leur foi sont brûlés , ce qui marque la fin de l’église cathare.

Vers une renaissance du Catharisme ?

Autour de 1300, les frères Authié se rendent en Lombardie pour y suivre un enseignement pour devenir « Parfaits » (nom donné aux prêcheurs du Catharisme) et reviennent en Sabartès, (entre Foix et Ax les thermes) pour y répandre la foi cathare…..l’Inquisition en viendra finalement à bout et le dernier Cathare connu, Guillaume Bélibaste sera arrêté puis brûlé en 1321, soit plus d’un siècle après le début des croisades !



Les villages de Laburat et Lordenac disparaissent ….

Au 16e siècle, la peste ravage la vallée de Vicdessos et dans certains villages, des vivres sont amenés par d’autres habitants de la vallée à des endroits convenus afin de ne pas se transmettre la maladie, jusqu’au jour où……plus personne ne vient chercher les vivres !

Ce sera le cas pour les villages de Laburat (actuellement commune de Lapège)  et de Lordenac (actuellement commune d’Orus) qui disparaissent peu après 1520.

Une chapelle dédiée à St Roch sera construite dans l’église de Vicdessos car Saint Roch, selon la légende, ayant soigné des malades de la peste en Italie, contracte lui aussi la maladie mais en guérit miraculeusement.

Confession de Jean Joufre de Tignac, paroisse d Unac.

L’an du seigneur 1321, Jean Joufre de Tignac avait été cité (…) et comparaissait au prieuré d’Unac,  (…)il avait refusé de dire la vérité après serment (…) cité par monseigneur l’évêque à ce jour, (…) il dit avoua et déposa ainsi qu’il suit :

« J’ai entendu dire à Arnaud Laufre que Guillaume Authié, l’hérétique, (frère de Pierre) allait un jour le long de l’Ariège avec des compagnons et portait un pâté de poisson ; Il tenait alors une pierre dans la main. Il dit à un de ses compagnons qu’il ne pourrait pas lancer cette pierre jusqu’à l’eau. Le compagnon dit le contraire , et l’hérétique lui fit le pari qu’il ne pourrait pas la lancer jusque dans l’eau.

Le pari fait, l’hérétique jeta la pierre qu’il tenait dans l’eau, et gagna ainsi le pari, le compagnon n’ayant pu avoir la pierre qui avait été jetée dans l’eau ».

Autre confession :

« J’ai entendu dire qu’un hérétique portait une épée. Comme je demandais pourquoi cet hérétique portait une épée alors qu’il ne se défendrait pas avec, il répondit que si quelqu’un attaquait l’hérétique, ce derbnier tirerait l’épée et dirait : Si tu t »approches de moi, tu mourras, en entendant, non qu’il tuerait avec cette épée celui qui voudrait l’attaquer, mais que l’attaquant mourrait un jour»

Et encore :

« …Je disais que c’était une grande grâce d’avoir des filleuls et de rendre chrétiens les petits enfants, car quand il étaient baptisés, ils avaient de plus jolies chairs et meilleur visage qu’avant le baptème . Egalement s’ils mouraient avant le baptème, on pensait qu’ils étaient perdus . Mais quand tout petits, ils mouraient après, ils allaient à Dieu aussitôt. Raimond me répondit que j’étais bête, car Dieu aime autant les enfants non baptisés ou un homme non baptité qu’un baptisé, car Dieu, dit-il, aime autant les sarrasins et les juifs que les chrétiens ».

Bélibaste arrêté à Tirvia et emprisonné à Castelbo

Au huitième jour de marche, la petite troupe, venant de Castelbo, arrive à TIRVIA ; Le lendemain matin, le bayle et plusieurs hommes entrent dans la maison où ils logent et les arrêtent.

Bélibaste se retrouve enchainé a son dénonciateur dans la forteresse de Castelbo (cette pratique permettait de « s’assurer » qu’il ne s’agisse pas d’une fausse accusation)…..Bélibaste un peu plus tard dira à Arnaud :

« Si tu pouvais revenir à de meilleurs sentiments et te repentir, je te recevrais puis nous nous précipiterions au bas de cette tour et aussitôt mon âme et la tienne monteraient auprès du père céleste, où nous avons des couronnes et des trônes tout préparés, et quarante-huit anges portant des couronnes dorées avec des pierres précieuses viendraient chercher chacun de nous pour le conduire au Père » (témoignage d’A. Sicre cité dans l’ouvrage : Les derniers cathares de René Weis).

Comment Arnaud Sicre obtint la confiance de Guillaume Bélibaste

Avant le départ vers le Pallars des quatre hommes (Guillaume Bélibaste, Arnaud Sicre, Pierre et Arnaud Maury), Guillaume prend un soulier et mesure la distance de l’âtre à la porte….pour le dernier »pas », le soulier dépasse le seuil de plus de sa moitié …il ne reviendra pas ! …un autre signe prophétique, lors de leur périple : une pie traverse le chemin à trois reprises en jacassant devant eux !……..Il se confiera à Pierre Maury en lui disant : « si Dieu le demande, c’est l’heure d’aller à lui » ; Une cousine également confiera avant leur départ son inquiétude car beaucoup de parfaits ont été trahis.

Guillaume et Pierre décident alors un plan pour tester les intentions d’Arnaud Sicre …..ils mélangent des vins et le font boire ; Mais celui-ci démasque leur intention et fait semblant de devenir ivre, se laisse tomber puis, s’apprête à uriner à la tête du lit.

C’est alors que Pierre le fait sortir et lui dit à voix basse : « Arnaud, veux tu que nous amenions cet hérétique jusqu’en Sabarthes ? nous en aurions cinquante ou cent livres tournois dont nous pourrions vivre honorablement, car ce manant ne dit que de mauvaises choses »

Arnaud Sicre fait semblant d’être outragé par cette suggestion et proteste énergiquement avant de rentrer et d’aller s’effondrer dans son lit…………Pierre rapporte alors la scène à Guillaume et ajoute : « Il ne nous trahira pas ! ».

L’histoire romanesque de Guillaume Bélibaste, dernier « parfait » connu.

Né vers 1280 à Cubières sur Cinoble dans les Corbières, sa famille côtoie Pierre Autier qui se rend chez eux à plusieurs reprises ainsi qu’un autre parfait, Philippe d’Almayrac.

Autour de 1305, il commet un meutre (dont on ne connait pas le motif)  et s’enfuit avec Philippe d’Almayrac, abandonnant sa femme et son fils.

Philippe  d’Almayrac  prononce le   « consolamentum »  et l’initie pour qu’il devienne lui aussi un « parfait » , apte à prêcher les paroles de la foi Cathare.

Arrêtés tous les deux, ils sont emprisonnés mais, ils réussissent à s’évader et s’enfuient en Catalogne.

Philippe d’Almayrac reviendra pourtant dans la région mais sera arrêté et brûlé.

Bélisbate devient à son tour un « parfait » connu et reconnu auprès des réfugiés Cathares de Catalogne.

Il s’installe comme fabriquant de peignes et rencontre Raimonde Marti, elle aussi en fuite et ayant perdu la trace de son mari, (peut être veuve) qui deviendra plus ou moins sa ménagére et surtout son amante.

Lorsque celle-ci devint enceinte en 1320, pour ne pas perdre le change face à la foi Cathare, sachant qu’il a prononcé ses vœux de chasteté lors de son consolamentum, Guillaume Bélibaste persuade son ami Pierre Maury de la marier mais, jaloux, se ravise et fait annuler cette union une semaine plus tard !

Ce qui fera basculer son destin, c’est sa recontre avec Arnaud Sicre…..

Ce dernier ne vient pas par hazard en Catalogne : sa mère a été condamnée et brûlée pour hérésie et tous ses biens confisqués ; Dès lors, Il s’engage à rechercher et traduire des parfaits devant l’inquisition pour reprendre possession des biens confisqués.

Il  fera tout pour obtenir la confiance (xxx) de Guillaume et arrivera même à le convaincre de revenir dans le Pallars (en Ariège, après neuf jours de marche) en inventant une histoire de nièce à marier par sa tante, très riche mais ne pouvant se déplacer ….Le parti est intéressant pour le cousin de Pierre, Arnaud Maury qui veut se marier : la dot est fixée à quarante livres en plus d’une garde-robe complète et d’un mulet pour porter ces vêtements !…..Par ailleurs, celà permettrait à Guillaume de toucher une bonne pension ……mais bien sur, tout est faux !

Guillaume sera arrêté sur le chemin de retour à Tirvia  puis enfermé et attaché à Arnaud, son dénonciateur, dans la forteresse de Castelbo  (xxx), puis ramené en France pour être rapidement jugé et, n’abjurant pas sa foi, il sera brûlé à Villerouge-Termenes (Corbières).

Dieu et Satan d’après G. Bélibaste

Voici une explication imagée et naive mais révélatrice des croyances Cathares que Guillaume Bélibaste relata à Arnaud Sicre (son futur dénonciateur)………..L’esprit étant la création de Dieu et le corps, celle de Satan…..(Dualisme) et l’esprit soumis à la réincarnation…..

« Satan fit des corps d’homme dans lesquels il enferma les esprits (…) ces esprits, quand ils sortent des tuniques, c’est à dire d’un corps, se sauvent tout nus, apeurés et ils courent si vite que si un esprit était sorti d’un corps à Valence et devait entrer dans un autre dans le comté de Foix, et qu’il plût abondamment sur tout le parcours, c’est a peine si trois gouttes de pluie l’atteindraient. Courant ainsi apeuré (…), il se pose dans le ventre de tout animal qui porte un embryon sans vie (…) ou encore dans le ventre d’une femme, de telle sorte cependant que si cet esprit a mal agit dans son premier corps, il s’incorpore dans le corps d’une bête brute; si au contraire il n’a pas fait de mal, il entre dans le corps d’une femme. Ainsi les esprits s’en vont de tunique en tunique jusqu’à ce qu’ils entrent dans une belle tunique (…) c’est à dire d’un homme ou d’une femme qui a l’entendement du bien (…) que dans le corps ils soient sauvés, et qu’après être sortis de cette belle tunique, ils retournent au Père Saint. »

« 

Le siège de Montségur

1242…Une troupe d’une cinquantaine d’hommes partis de Montségur et conduits par Pierre Roger de Mirepoix massacre onze inquisiteurs à Avignonnet.

Depuis environ 40 ans, Montségur héberge et protège des membres de la hiérarchie Cathare ainsi que des « faydits » (seigneurs dépossédés de leurs biens)

La riposte ne tarde pas…..un premier assaut mené avant fin 1243 permet aux croisés de prendre position sur une crête et aménager un accès plus facile pour les troupes et l’installation de catapultes.

Pierre Roger de Mirepoix demande une trêve en proposant sa reddition sous conditions et il espère ainsi la venue à son secours de Raimond VII, comte de Toulouse. alors en Italie , mais celui-ci ne reviendra pas à temps.

Juste avant la reddition, vingt et une personnes demandent le « consolament », ce qui les condamne définitivement…..le 16 mars, 225 cathares ayant refusé d’abjurer leur foi sont précipités dans un bûcher à la base même du château.

Il n’y a désormais pratiquement plus de places fortes hébergeant des Cathares (la dernière sera Quéribus, qui tombe en 1255)…et l’inquisition finira progressivement par pouchasser les hérétiques dans chaque recoin, chaque village, chaque vallée perdue.

Pierre Maury….témoin par monts et par vaux

Pierre Maury, sans doute le personnage clé dont on a le plus d’informations, illustre à travers ses témoignages l’importance et la fréquence des périples à travers les montagnes des Cathares en résistance ou en fuite.

Si son métier de berger l’amène à se déplacer fréquemment, il entreprend également de manière spécifique de très nombreux trajets pour le réseau des hérétiques.

Un soir d’hiver 1306-1307, Bernard Baille vient chercher Pierre Maury et le fait rencontrer Philippe d’Ayl…et Bernard Belibaste ; Ils ont besoin de lui comme guide et intermédiaire pour remonter au plus vite d’Ax   pour rencontrer les parfaits de Montaillou.

Pierre demande à son employeur, Barthélémy Bourrel, l’autorisation de s’absenter le lendemain matin . Celui-ci accepte à condition qu’il soit de retour pour midi … Le petit groupe s’engage très tôt le lendemain au dessus de Sorgeat (au dessus du camping actuel, vers le Caste puis l’ Assaladou) ; Pierre Maury évoquera le « asperitatem itineris et temporis » (la dureté de chemin et le mauvais temps) rencontrés à la montée ; A cause également de coliques contractées par l’un d’entre eux et la nécessité d’approcher prudemment Montaillou, Pierre Maury ne revient à Ax que 24 heures après le moment promis.

Par la suite, de nombreuses autres « missions » se succèdent à tel point qu’il est congédié par ce même employeur en juin 1307 en raison de ses absences répétées.

Beaucoup plus tard, par exemple, à l’occasion de l’arrestation de Guillaume Belibaste, i il parcourra près de 200 km sur deux jours entre les cimes du Pallars et Lleida afin d’alerter les autres réfugiés.