Au début du 13e siecle, avec la répression montante du Catharisme, les seigneurs du versant Nord des Pyrénées, pour beaucoup déjà liés au royaume d’Aragon, se rapprochent encore un peu plus de son roi Raimond II d’Aragon.
Le roi d’Aragon, beau-frère de Raymond VI, comte de Toulouse, reçoit serment de fidélité des comtes de Foix, Comminges et du vicomte de Béarn.
Avec une coalition de princes et seigneurs de Languedoc, Catalogne et Aragon, ils se dressent contre Simon de Montfort qui mène sa croisade contre les «Albigeois », commencée en 1209…c’est la bataille de MURET en 1213.
Le roi d’Aragon meurt sur le champ de bataille et la victoire revient à Simon de Montfort qui soumet alors l’essentiel du Languedoc tandis que la royauté de France imposera définitivement son pouvoir sur la région en 1229 avec le traité de Paris-Meaux.
Suite à cette défaite, le royaume d’Aragon se détournera du nord des Pyrénées et orientera ses ambitions vers la Méditerranée et les royaumes détenus par les musulmans.
Le traité de Corbeil, en 1258, fixe les frontières (qui seront celles maintenues jusqu’au traité des Pyrénées, en 1659) avec en particulier le rattachement du Languedoc à la France et de la Catalogne (jusqu’aux Pyrénées orientales actuelles) à l’Aragon.
Mais, les limites pour le comté de Foix continuent à poser problème, le comte de Foix étant vassal du roi d’Aragon pour le versant sud, soit le Sabartes, le haut comté de Foix, le Vicdessos, le Donézan et le Capcir et par contre, vassal du roi de France pour le « bas pays » situé au nord de la « Barre » près de Foix.
Le roi d’Aragon, au moment de signer le traité de Corbeil, demandera à ce que toute référence au comté de Foix soit retirée.
Ainsi, les vallées du Nord traditionnellement sous emprise toulousaine (ancien comté carolingien de Toulouse), reviennent naturellement à la couronne de France, mais les vallées situées au sud restent pour l’heure sous domination aragonaise.
Les principales citadelles qui font l’objet de convoitises entre les deux royaumes sont Lordat, Ax, Mérens et Montréal de Sos, toutes occupant des points stratégiques entre hautes et basses vallées.
En fait, au 13e siecle le haut pays bénéficie d’une certaine autonomie et de privilèges comparables à ceux de l’Andorre ; Les comtes de Foix soucieux de conserver cette autorité sont très vigilants vis-à-vis des citadelles et du système défensif entre Aragon et France.
Au sud, depuis le 11 ieme siecle déjà, le comté de Foix est un territoire assez flou avec un pouvoir public mal défini qui évolue en fonction des conquêtes, alliances, hommages rendus et….mariages (c’est ainsi par exemple, que le comte de Foix deviendra vicomte de Castelbon).
Roger Bernat III, comte de Foix de 1265 à 1302 (tour à tour également, vicomte de Castelbon, de Cerdagne et de Béarn, et seigneur d’Andorre) tirera profit de cette situation pour asseoir une relative autonomie et n’hésitera pas à défier les deux rois.
Pourtant, sans doute trop sûr de son pouvoir , Roger Bernat III commet en 1272 une erreur qui remettra en cause définitivement cette fragile et relative autonomie :
ligué avec le comte d’Armagnac, il s’empare du château de Sompuy et refuse de comparaître pour ces faits devant le roi de France Philippe le Hardi qui fera alors en personne le siège de Foix en 1272, emprisonnera le comte récalcitrant et exigera la remise des castra, objets du litige entre France et Aragon.
Le roi d’Aragon remettra à Pierre Villars, sénéchal du roi de France , le château de Foix mais confiera les châteaux de Lordat, Calames, Montreal de Sos et Ax à Ramon de Cardona, seigneur vassal du roi d’Aragon et allié du comte de Foix.
Les tensions entre les les deux royaumes, apparues lors de la ratification du traité de Corbeil ainsi ravivées, se traduiront par toute une série d’enquêtes et argumentations commanditées tant par l’Aragon que par la France pour prouver l’appartenance des citadelles (cf article 7 consacré à Lordat).
Le 3 février 1273, pourtant, le roi d’Aragon se résout à remettre les châteaux à Philippe le Hardi qui promet de libérer le comte de Foix et de lui remettre ses biens en échange de sa soumission.
Fin 1273, le comte est libéré et s’engage auprès du roi de France lors du siège de Pampelune, en Navarre.
Le comte de Foix rend hommage au roi de France pour la première fois en 1277 pour l’ensemble du comté et récupère ses biens.
Le haut pays passe ainsi sous le contrôle de la France alors que le bas pays l’était depuis 1262, à la suite d’un hommage rendu à Louis IX.
Les conflits récurrents surgis lors du traité de Corbeil vis-à-vis du comté de Foix prennent fin.
En 1280 , le même comte de Foix, Roger Bernard III, reprend la tête d’une coalition de barons hostiles au roi d’Aragon mais il sera fait prisonnier en 1281 à Balaguer près de la Seu de Urgell et ne sera libéré qu’en 1284 en s’engageant à abandonner la vicomté de Castelbon.




