Les villages de Laburat et Lordenac disparaissent ….

Au 16e siècle, la peste ravage la vallée de Vicdessos et dans certains villages, des vivres sont amenés par d’autres habitants de la vallée à des endroits convenus afin de ne pas se transmettre la maladie, jusqu’au jour où……plus personne ne vient chercher les vivres !

Ce sera le cas pour les villages de Laburat (actuellement commune de Lapège)  et de Lordenac (actuellement commune d’Orus) qui disparaissent peu après 1520.

Une chapelle dédiée à St Roch sera construite dans l’église de Vicdessos car Saint Roch, selon la légende, ayant soigné des malades de la peste en Italie, contracte lui aussi la maladie mais en guérit miraculeusement.

Confession de Jean Joufre de Tignac, paroisse d Unac.

L’an du seigneur 1321, Jean Joufre de Tignac avait été cité (…) et comparaissait au prieuré d’Unac,  (…)il avait refusé de dire la vérité après serment (…) cité par monseigneur l’évêque à ce jour, (…) il dit avoua et déposa ainsi qu’il suit :

« J’ai entendu dire à Arnaud Laufre que Guillaume Authié, l’hérétique, (frère de Pierre) allait un jour le long de l’Ariège avec des compagnons et portait un pâté de poisson ; Il tenait alors une pierre dans la main. Il dit à un de ses compagnons qu’il ne pourrait pas lancer cette pierre jusqu’à l’eau. Le compagnon dit le contraire , et l’hérétique lui fit le pari qu’il ne pourrait pas la lancer jusque dans l’eau.

Le pari fait, l’hérétique jeta la pierre qu’il tenait dans l’eau, et gagna ainsi le pari, le compagnon n’ayant pu avoir la pierre qui avait été jetée dans l’eau ».

Autre confession :

« J’ai entendu dire qu’un hérétique portait une épée. Comme je demandais pourquoi cet hérétique portait une épée alors qu’il ne se défendrait pas avec, il répondit que si quelqu’un attaquait l’hérétique, ce derbnier tirerait l’épée et dirait : Si tu t »approches de moi, tu mourras, en entendant, non qu’il tuerait avec cette épée celui qui voudrait l’attaquer, mais que l’attaquant mourrait un jour»

Et encore :

« …Je disais que c’était une grande grâce d’avoir des filleuls et de rendre chrétiens les petits enfants, car quand il étaient baptisés, ils avaient de plus jolies chairs et meilleur visage qu’avant le baptème . Egalement s’ils mouraient avant le baptème, on pensait qu’ils étaient perdus . Mais quand tout petits, ils mouraient après, ils allaient à Dieu aussitôt. Raimond me répondit que j’étais bête, car Dieu aime autant les enfants non baptisés ou un homme non baptité qu’un baptisé, car Dieu, dit-il, aime autant les sarrasins et les juifs que les chrétiens ».

Bélibaste arrêté à Tirvia et emprisonné à Castelbo

Au huitième jour de marche, la petite troupe, venant de Castelbo, arrive à TIRVIA ; Le lendemain matin, le bayle et plusieurs hommes entrent dans la maison où ils logent et les arrêtent.

Bélibaste se retrouve enchainé a son dénonciateur dans la forteresse de Castelbo (cette pratique permettait de « s’assurer » qu’il ne s’agisse pas d’une fausse accusation)…..Bélibaste un peu plus tard dira à Arnaud :

« Si tu pouvais revenir à de meilleurs sentiments et te repentir, je te recevrais puis nous nous précipiterions au bas de cette tour et aussitôt mon âme et la tienne monteraient auprès du père céleste, où nous avons des couronnes et des trônes tout préparés, et quarante-huit anges portant des couronnes dorées avec des pierres précieuses viendraient chercher chacun de nous pour le conduire au Père » (témoignage d’A. Sicre cité dans l’ouvrage : Les derniers cathares de René Weis).

Comment Arnaud Sicre obtint la confiance de Guillaume Bélibaste

Avant le départ vers le Pallars des quatre hommes (Guillaume Bélibaste, Arnaud Sicre, Pierre et Arnaud Maury), Guillaume prend un soulier et mesure la distance de l’âtre à la porte….pour le dernier »pas », le soulier dépasse le seuil de plus de sa moitié …il ne reviendra pas ! …un autre signe prophétique, lors de leur périple : une pie traverse le chemin à trois reprises en jacassant devant eux !……..Il se confiera à Pierre Maury en lui disant : « si Dieu le demande, c’est l’heure d’aller à lui » ; Une cousine également confiera avant leur départ son inquiétude car beaucoup de parfaits ont été trahis.

Guillaume et Pierre décident alors un plan pour tester les intentions d’Arnaud Sicre …..ils mélangent des vins et le font boire ; Mais celui-ci démasque leur intention et fait semblant de devenir ivre, se laisse tomber puis, s’apprête à uriner à la tête du lit.

C’est alors que Pierre le fait sortir et lui dit à voix basse : « Arnaud, veux tu que nous amenions cet hérétique jusqu’en Sabarthes ? nous en aurions cinquante ou cent livres tournois dont nous pourrions vivre honorablement, car ce manant ne dit que de mauvaises choses »

Arnaud Sicre fait semblant d’être outragé par cette suggestion et proteste énergiquement avant de rentrer et d’aller s’effondrer dans son lit…………Pierre rapporte alors la scène à Guillaume et ajoute : « Il ne nous trahira pas ! ».

L’histoire romanesque de Guillaume Bélibaste, dernier « parfait » connu.

Né vers 1280 à Cubières sur Cinoble dans les Corbières, sa famille côtoie Pierre Autier qui se rend chez eux à plusieurs reprises ainsi qu’un autre parfait, Philippe d’Almayrac.

Autour de 1305, il commet un meutre (dont on ne connait pas le motif)  et s’enfuit avec Philippe d’Almayrac, abandonnant sa femme et son fils.

Philippe  d’Almayrac  prononce le   « consolamentum »  et l’initie pour qu’il devienne lui aussi un « parfait » , apte à prêcher les paroles de la foi Cathare.

Arrêtés tous les deux, ils sont emprisonnés mais, ils réussissent à s’évader et s’enfuient en Catalogne.

Philippe d’Almayrac reviendra pourtant dans la région mais sera arrêté et brûlé.

Bélisbate devient à son tour un « parfait » connu et reconnu auprès des réfugiés Cathares de Catalogne.

Il s’installe comme fabriquant de peignes et rencontre Raimonde Marti, elle aussi en fuite et ayant perdu la trace de son mari, (peut être veuve) qui deviendra plus ou moins sa ménagére et surtout son amante.

Lorsque celle-ci devint enceinte en 1320, pour ne pas perdre le change face à la foi Cathare, sachant qu’il a prononcé ses vœux de chasteté lors de son consolamentum, Guillaume Bélibaste persuade son ami Pierre Maury de la marier mais, jaloux, se ravise et fait annuler cette union une semaine plus tard !

Ce qui fera basculer son destin, c’est sa recontre avec Arnaud Sicre…..

Ce dernier ne vient pas par hazard en Catalogne : sa mère a été condamnée et brûlée pour hérésie et tous ses biens confisqués ; Dès lors, Il s’engage à rechercher et traduire des parfaits devant l’inquisition pour reprendre possession des biens confisqués.

Il  fera tout pour obtenir la confiance (xxx) de Guillaume et arrivera même à le convaincre de revenir dans le Pallars (en Ariège, après neuf jours de marche) en inventant une histoire de nièce à marier par sa tante, très riche mais ne pouvant se déplacer ….Le parti est intéressant pour le cousin de Pierre, Arnaud Maury qui veut se marier : la dot est fixée à quarante livres en plus d’une garde-robe complète et d’un mulet pour porter ces vêtements !…..Par ailleurs, celà permettrait à Guillaume de toucher une bonne pension ……mais bien sur, tout est faux !

Guillaume sera arrêté sur le chemin de retour à Tirvia  puis enfermé et attaché à Arnaud, son dénonciateur, dans la forteresse de Castelbo  (xxx), puis ramené en France pour être rapidement jugé et, n’abjurant pas sa foi, il sera brûlé à Villerouge-Termenes (Corbières).

Dieu et Satan d’après G. Bélibaste

Voici une explication imagée et naive mais révélatrice des croyances Cathares que Guillaume Bélibaste relata à Arnaud Sicre (son futur dénonciateur)………..L’esprit étant la création de Dieu et le corps, celle de Satan…..(Dualisme) et l’esprit soumis à la réincarnation…..

« Satan fit des corps d’homme dans lesquels il enferma les esprits (…) ces esprits, quand ils sortent des tuniques, c’est à dire d’un corps, se sauvent tout nus, apeurés et ils courent si vite que si un esprit était sorti d’un corps à Valence et devait entrer dans un autre dans le comté de Foix, et qu’il plût abondamment sur tout le parcours, c’est a peine si trois gouttes de pluie l’atteindraient. Courant ainsi apeuré (…), il se pose dans le ventre de tout animal qui porte un embryon sans vie (…) ou encore dans le ventre d’une femme, de telle sorte cependant que si cet esprit a mal agit dans son premier corps, il s’incorpore dans le corps d’une bête brute; si au contraire il n’a pas fait de mal, il entre dans le corps d’une femme. Ainsi les esprits s’en vont de tunique en tunique jusqu’à ce qu’ils entrent dans une belle tunique (…) c’est à dire d’un homme ou d’une femme qui a l’entendement du bien (…) que dans le corps ils soient sauvés, et qu’après être sortis de cette belle tunique, ils retournent au Père Saint. »

« 

Le siège de Montségur

1242…Une troupe d’une cinquantaine d’hommes partis de Montségur et conduits par Pierre Roger de Mirepoix massacre onze inquisiteurs à Avignonnet.

Depuis environ 40 ans, Montségur héberge et protège des membres de la hiérarchie Cathare ainsi que des « faydits » (seigneurs dépossédés de leurs biens)

La riposte ne tarde pas…..un premier assaut mené avant fin 1243 permet aux croisés de prendre position sur une crête et aménager un accès plus facile pour les troupes et l’installation de catapultes.

Pierre Roger de Mirepoix demande une trêve en proposant sa reddition sous conditions et il espère ainsi la venue à son secours de Raimond VII, comte de Toulouse. alors en Italie , mais celui-ci ne reviendra pas à temps.

Juste avant la reddition, vingt et une personnes demandent le « consolament », ce qui les condamne définitivement…..le 16 mars, 225 cathares ayant refusé d’abjurer leur foi sont précipités dans un bûcher à la base même du château.

Il n’y a désormais pratiquement plus de places fortes hébergeant des Cathares (la dernière sera Quéribus, qui tombe en 1255)…et l’inquisition finira progressivement par pouchasser les hérétiques dans chaque recoin, chaque village, chaque vallée perdue.

Pierre Maury….témoin par monts et par vaux

Pierre Maury, sans doute le personnage clé dont on a le plus d’informations, illustre à travers ses témoignages l’importance et la fréquence des périples à travers les montagnes des Cathares en résistance ou en fuite.

Si son métier de berger l’amène à se déplacer fréquemment, il entreprend également de manière spécifique de très nombreux trajets pour le réseau des hérétiques.

Un soir d’hiver 1306-1307, Bernard Baille vient chercher Pierre Maury et le fait rencontrer Philippe d’Ayl…et Bernard Belibaste ; Ils ont besoin de lui comme guide et intermédiaire pour remonter au plus vite d’Ax   pour rencontrer les parfaits de Montaillou.

Pierre demande à son employeur, Barthélémy Bourrel, l’autorisation de s’absenter le lendemain matin . Celui-ci accepte à condition qu’il soit de retour pour midi … Le petit groupe s’engage très tôt le lendemain au dessus de Sorgeat (au dessus du camping actuel, vers le Caste puis l’ Assaladou) ; Pierre Maury évoquera le « asperitatem itineris et temporis » (la dureté de chemin et le mauvais temps) rencontrés à la montée ; A cause également de coliques contractées par l’un d’entre eux et la nécessité d’approcher prudemment Montaillou, Pierre Maury ne revient à Ax que 24 heures après le moment promis.

Par la suite, de nombreuses autres « missions » se succèdent à tel point qu’il est congédié par ce même employeur en juin 1307 en raison de ses absences répétées.

Beaucoup plus tard, par exemple, à l’occasion de l’arrestation de Guillaume Belibaste, i il parcourra près de 200 km sur deux jours entre les cimes du Pallars et Lleida afin d’alerter les autres réfugiés.

Entre deux royaumes…le Comté de Foix

Au début du 13e siecle, avec la répression montante du Catharisme, les seigneurs du versant Nord des Pyrénées, pour beaucoup déjà liés au royaume d’Aragon, se rapprochent encore un peu plus de son roi Raimond II d’Aragon.

Le roi d’Aragon, beau-frère de Raymond VI, comte de Toulouse, reçoit  serment de fidélité  des comtes de Foix, Comminges et du vicomte de Béarn.

Avec une coalition de princes et seigneurs de Languedoc, Catalogne et Aragon, ils se dressent contre Simon de Montfort qui mène sa croisade contre les «Albigeois », commencée en 1209…c’est la bataille de MURET en 1213.

Le  roi d’Aragon  meurt sur le champ de bataille et la victoire revient à Simon de Montfort qui soumet alors l’essentiel du Languedoc tandis que la royauté de France imposera définitivement son pouvoir sur la région en 1229 avec le traité de Paris-Meaux.

Suite à cette défaite, le royaume d’Aragon se détournera du nord des Pyrénées et orientera ses ambitions vers la Méditerranée et les royaumes détenus par les musulmans.

Le traité de Corbeil, en 1258, fixe les frontières (qui seront celles maintenues jusqu’au traité des Pyrénées, en 1659)  avec en particulier le rattachement du Languedoc à la France et de la Catalogne (jusqu’aux Pyrénées orientales actuelles) à l’Aragon.

Mais, les limites pour le comté de Foix continuent à  poser problème, le comte de Foix étant vassal du roi d’Aragon pour le versant sud, soit le Sabartes, le haut comté de Foix, le Vicdessos, le Donézan et le Capcir et par contre, vassal du roi de France pour le « bas pays » situé au nord de la « Barre » près de Foix.

Le roi d’Aragon, au moment de signer le traité de Corbeil, demandera à ce que toute référence au comté de Foix soit retirée.

Ainsi, les vallées du Nord traditionnellement sous emprise toulousaine (ancien comté carolingien de Toulouse),  reviennent naturellement à la couronne de France, mais les vallées situées au sud restent pour l’heure sous domination aragonaise.

Les principales citadelles qui font l’objet de convoitises entre les deux royaumes sont Lordat, Ax, Mérens et Montréal de Sos, toutes occupant des points stratégiques entre hautes et basses vallées.

En fait, au 13e siecle  le haut pays bénéficie d’une certaine autonomie et de privilèges comparables à ceux de l’Andorre ; Les comtes de Foix soucieux de conserver cette autorité sont très vigilants vis-à-vis des citadelles et du système défensif entre Aragon et France.

Au sud, depuis le 11 ieme siecle déjà, le comté de Foix est un territoire assez flou avec un pouvoir public mal défini qui évolue en fonction des conquêtes, alliances, hommages rendus et….mariages (c’est ainsi par exemple, que le comte de Foix deviendra vicomte de Castelbon).

Roger Bernat III, comte de Foix de 1265 à 1302 (tour à tour également, vicomte de Castelbon, de Cerdagne et de Béarn,  et seigneur d’Andorre)  tirera profit de cette situation pour asseoir une relative autonomie et n’hésitera pas à défier les deux rois.

Pourtant, sans doute trop sûr de son pouvoir , Roger Bernat III commet en 1272 une erreur qui remettra en cause définitivement cette fragile et relative autonomie :
ligué avec le comte d’Armagnac, il s’empare du château de Sompuy et refuse de comparaître pour ces faits devant le roi de France Philippe le Hardi  qui fera alors en personne le siège de Foix en 1272, emprisonnera le comte récalcitrant et exigera la remise des castra, objets du litige entre France et Aragon.

Le roi d’Aragon remettra à Pierre Villars, sénéchal du roi de France , le château de Foix mais confiera les châteaux de Lordat, Calames, Montreal de Sos et Ax à Ramon de Cardona, seigneur vassal du roi d’Aragon et allié du comte de Foix.

Les tensions entre les les deux royaumes, apparues lors de la ratification du traité de Corbeil  ainsi ravivées, se traduiront par toute une série d’enquêtes et argumentations commanditées tant par l’Aragon que par la France pour prouver l’appartenance des citadelles (cf article 7 consacré à Lordat).

Le 3 février 1273, pourtant, le roi d’Aragon se résout à remettre les châteaux à Philippe le Hardi qui promet de libérer le comte de Foix et de lui remettre ses biens en échange de sa soumission.

Fin 1273,  le comte est libéré et s’engage auprès du roi de France lors du siège de Pampelune, en Navarre.

Le comte de Foix rend hommage au roi de France pour la première fois en 1277 pour l’ensemble du comté et récupère ses biens.

Le haut pays passe ainsi sous le contrôle de la France alors que le bas pays l’était depuis 1262, à la suite d’un hommage rendu à Louis IX.

Les conflits récurrents surgis lors du traité de Corbeil vis-à-vis du comté de Foix prennent fin.

En 1280 , le même comte de Foix, Roger Bernard III, reprend la tête d’une coalition de barons hostiles au roi d’Aragon  mais il sera fait prisonnier en 1281 à Balaguer près de la Seu de Urgell et ne sera libéré qu’en 1284 en s’engageant à abandonner la vicomté de Castelbon.

Circulation des biens, des personnes et des croyances entre vallées

Même si les conditions de déplacement à travers la montagne n’étaient pas aussi aisées au 13e siècle qu’actuellement, les échanges entre vallées se faisaient  depuis toujours, sans frontière, au gré des us et coutumes immémoriales.

A la base, les relations sont facilitées  par l’identité de civilisation sur les deux versants, les  mariages entre maisons féodales et les liens de vassalité entre le comté de Foix et l’Aragon.

Les échanges commerciaux sont nombreux : sel de Cardonna,  miel,  épices,  bois, fer de Rancié près de Auzat,  draperie toulousaine et étoffes rares et bien sûr, le négoce entre éleveurs.

Les « pieds poudreux » est le surnom donné à l’époque à tous les marchands ambulants qui sillonnent inlassablement le pays.

Au 13e siècle, en Vicdessos, les premières franchises apparaissent, reconnaissant la liberté de commercer avec les peuplades plus au sud sans pour autant qu’il y ait d’accords écrits ni de droits.

Les lieux de passage à travers les hauts sommets de l’Ariège sont nombreux : Ports de Salau, Bouet, Fontargente, Aula, d’Urets ou de Puymorens.

Ces axes sont ensuite utilisés par les derniers cathares en fuite cherchant refuge dans les terres catalanes,  l’Alt Urgell, la Cerdagne ou le Bergueda.

En montagne, les transhumances jouent un rôle prépondérant dans la propagation de la foi cathare notamment lors du renouveau initié par les frères Authié ; les mouvements de troupeaux permettaient de nombreux et lointains déplacements ; il n’était pas rare que quelques animaux, voire un seul, confié à un berger justifiait une rencontre qui aurait pu paraître suspecte  autrement .

Les liaisons entre pâturages estivaux et lieux d’hivernage font partie des chemins naturels de tradition séculaire ; à travers les témoignages consignés  par les inquisiteurs, on découvre par exemple que les troupeaux du Sabartes (haute Ariège) étaient emmenés en hivernage aussi bien en Catalogne que dans le Razès (vers Arques et les Corbières).

Ainsi, ce sont les bergers qui  initient les échanges et les rencontres avec les « Bons hommes », d’autant que les propriétaires les plus riches louaient les services de bergers professionnels ou chefs bergers comme le fut Peire Maury (voir l’ article qui lui est consacré).

Au milieu du 13e siècle, les seigneuries du haut comté de Foix les plus actives dans leur soutien au Catharisme sont : Miramont, Miglos, Château-Verdun, Caussou, les villes d’Ax et Tarascon, le château de Lordat et les citadelles perchées de Larcat et Larnat.